Jean-Christophe Peyrieux semble s'être tout droit échappé du recueil des Contes des Mille et une nuit. Ce petit génie de la lampe exploite les couleurs et facettes des perles de verre, apprivoise le fer, le cuivre traité à l'epoxy, le laiton et l'aluminium, pour recréer, comme par magie, l'atmosphère feutrée et intimiste des palais ottomans. Perchés sur des étagères, posés sur une table de chevet, fixés au mur ou suspendus au plafond, les luminaires de Jean-Christophe Peyrieux appellent, par jeu de transparence, la sérénité. « Filtrée par les perles de verre de Bohême, la lumière s'échappant de l'applique, de la lampe sur pied ou du lustre, se réfléchit sur les murs et plafonds en ondoyant. Suivant la couleur des perles, les reflets s'apparentent à ceux qui se dessinent sur une piscine au coucher du soleil ou lors d'une nuit de pleine lune. L'ambiance qui en découle est empreinte de romantisme, de douceur. Elle est « onirique » décrit-il, non sans poésie.
L'inspiration de ses premières collections, Jean-Christophe Peyrieux l'a puisée en errant dans les faubourgs d'Istanbul. A l'époque, il cherchait une lampe en laiton incrustée de cristaux pour décorer son antre privée. « Les luminaires étaient trop clinquants, trop neufs » se remémore t'il. De retour à Paris, il décide de donner corps à sa « lampe imaginaire » puis, après avoir mis une dizaine de fois « la lumière en cage dans une cage de luxe, une cage d'or et de verre » il abandonne sa carrière dans le marketing. Jean-Christophe Peyrieux revêt alors le costume d'apparat d'un magicien artisan.
Des perles de lumière
Sur des structures dont la réalisation est confiée à des artisans orléanais, il enfile des perles de verre sur des liens de fer, venant habiller le squelette des lampes. Le résultat est sans appel : « même éteintes, les luminaires attrapent la lumière ». En janvier 1995, Jean-Christophe Peyrieux ouvre une boutique-atelier à Paris, « Heaven » . Nichée dans le quartier montmartrois, il la partage avec sa femme, créatrice de mode. Entre les chapelets de robes, de pantalons, de corsets et jupes exposés en enfilade, ses réalisations trouvent naturellement leur place. La clientèle se montre alors plus réceptive, séduite, sujette au coup de foudre.
Petites séries ou pièces uniques, ses lampes sur pied, appliques et lustres sont aujourd'hui diffusés dans toute la France et en Europe, sous la griffe d' "Üsküdar" : un clin d'oeil aux faubourgs asiatiques d'Istambul.
Le halo de ses luminaires rayonne d'ailleurs Outre-Manche. Jean-Christophe Peyrieux a réalisé cette année une commande pour Paul Mac Cartney ! Bien inspiré, le génie de la lampe ne cessera donc pas de nous offrir ses idées lumineuses.